Hughes Germain.
Installation sonore.
23 novembre - 29 décembre 2007.
Le paysage sonore est le cadre de la collecte des sons, le choix d’un lieu fait le cadre conceptuel de la recherche. Tout découle de là . Lors de l’enregistrement, ma "manière-d’être-au-monde" tend à la plus grande disponibilité possible, comme un "laisser-remplir" : ne pas produire de sons de manière intentionnelle, mais plutôt diriger l’écoute dans le paysage sonore en mouvement. Si, en soi, l’outil vient amplifier l’ouverture
recherchée, le choix de sa position, de son orientation permet de créer tour à tour des espaces enregistrés différents dans l’univers choisi. Le matériel est simple pour se faire oublier, mais de très grande qualité pour un rendu fidèle au vécu.
Le travail sur les sons vise à les éloigner du directement reconnaissable, en conservant l’esprit d’un paysage sonore; dégagés de leur matérialité habituelle, ils existent par et pour eux-mêmes, éléments autonomes, cohérents, sans beaucoup de repères au temps qui s’écoule. Il s’agit bien d’être à la limite de l’abstraction, de faire le juste nécessaire pour que les sons décollent d’une réalité documentaire, qu’ils passent au delà , dans l’imaginaire. Que chacun compose une unité a-temporelle, décontextualisée, séparée et disponible.
Et l’ensemble forme un tout signifiant par rapport au lieu de collecte des sons.
Le donner à entendre tel quel n’est pas possible. Ce n’est pas un bloc figé et il restera toujours ouvert.
Cet ensemble est conçu avec la volonté d’interprétation en direct ; les possibilités de combinaison de ces éléments vont permettre de redonner du vivant à cette matière fragmentée - ne jamais l’assécher, la stériliser.
Il est nécessaire de remettre en question, en péril, l’organisation des sons à chaque diffusion ; le jeu en direct déroule comme un processus naturel de vie, et en même temps s’en éloigne et le transcende en provoquant des rencontres improbables entre les sons. C’est cette contradiction dans la création qui provoque le doute sur la nature de l’entendu. Alors il ne reste que des enregistrements de ces moments de diffusion : concerts, rencontres avec d’autres musiciens, danseurs, vidéastes, installation dans le lieu de collecte... Tous ces moments sont uniques, non-reproductibles, à l’image de la vie.
Hughes Germain.



